Thèses en cours

JULIE BLANC (theses.fr)

Titre provisoire de la thèse : (Re)composer l’espace: Programmation et technologies du web dans l’activité des designers graphique pour l’édition multisupport

Depuis 2018
Directrice : Anne Bationo-Tillon, C3U-Paragraphe
Co-directeur : Samuel Bianchini, EnsadLab – PSL Encadrante : Lucie Haute, EnsadLab – PSL

Au départ formée en tant que designer graphique en école d’art, j’ai décidé d’entrer à l’université pour commencer un travail de recherche en ergonomie. Mon projet doctoral est financé par l’EUR ArTeC et s’inscrit dans deux laboratoires: l’ensadLab de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs et le laboratoire Paragraphe à l’Université de Paris 8 (équipe C3U).
Mon travail de recherche porte sur l’activité de composition des designers graphiques utilisant les technologies du web pour la conception d’édition multisupport. Il s’inscrit dans le contexte d’une évolution des pratiques de conception des objets éditoriaux. Aujourd’hui, les logiciels de Publications Assistée par Ordinateur (PAO) sont dominants dans l’outillage informatique des designers mais de nouvelles possibilités apparaissent. Les technologies du web peuvent en effet être utilisées dans le design éditorial et font sens dans le contexte de la multiplication des formats et supports de lecture. Leurs évolutions récentes – particulièrement celle du langage CSS (Cascading Style Sheets) – permettent des conceptions et mises en forme de plus en plus poussées jusqu’à favoriser la possibilité de convergences entre le papier et l’écran au sein de publications multisupports. Ainsi, les navigateurs web ne se limitent pas à être des environnements de consultation et peuvent être utilisés comme des outils de création d’objets éditoriaux graphiques et interactifs mais aussi d’objets imprimés.
Cela n’est pas sans conséquence sur l’activité des designers graphiques et la manière dont ils conçoivent l’espace de la page imprimée et numérique. Les changements de propriétés de l’espace de composition (passage d’un espace fixe à un espace fluide, responsive), les spécificités du langage de style CSS, les possibilités offertes par les processus computationnels (les scripts) ou encore le passage vers une modalité textuelle d’interaction logicielle (le code) influencent de manière nouvelle l’activité de composition. À partir de ma propre pratique et de celle d’une diversité d’acteurs – situés dans des communautés portées par des approches libre et open-source du design – je souhaite donc analyser comment les designers graphiques instrumentent leur activité de composition, comment celle-ci est reconfigurée par l’utilisation des technologies du web et les implications que cela entraîne vers des formes de plus en plus collectives de pratiques graphiques.

https://designenrecherche.org/membres/julie-blanc/

Elodie ciccone (theses.fr)

Titre provisoire la thèse : « Devenir acteur de la prévention : concevoir pour le développement du pouvoir d’agir en sécurité ».

Depuis 2016
Directrice : Françoise Decortis
Co-directrice : Lucie Cuvelier

Ma thèse s’inscrit dans un projet initié par la FonCSI en 2016 ayant pour thème « la professionnalisation et la sécurité industrielle ». Cet appel fait suite à un constat dans le monde industriel : la sécurité ne s’améliore plus malgré les investissements dans les formations sur ce thème. Dans ce cadre, mon objectif est de concevoir un dispositif, qui ne soit pas nécessairement un dispositif de formation, ayant pour objectif de développer le pouvoir d’agir en sécurité.
Pour cela, nous nous inspirons des théories sur la sécurité qui tendent à promouvoir la sécurité gérée, basée sur les comportements d’initiative des opérateurs (Cuvelier & Falzon, 2012; Hollnagel, 2012). Cette approche de la sécurité est complémentaire avec l’approche de la sécurité dite réglée où la sécurité est assurée grâce à la mise en place et le respect de normes et de barrières de sécurité. L’enjeu est aujourd’hui de mieux articuler ces deux types de sécurité pour permettre aux sujets de faire des arbitrages en situations, car la sécurité repose sur un mélange entre le « pré-écrit » et la spontanéité (Cuvelier & Woods, 2019). Nous postulons que cette articulation est possible quand le pouvoir d’agir des sujets se développe. Nous nous intéressons donc aux ressources du pouvoir d’agir en sécurité.
Nous cherchons notamment à comprendre comment les dimensions sensibles de l’activité (Bationo-Tillon, 2013; Davezies, 2006), c’est-à-dire la part d’eux-mêmes que mettent les sujets dans leur activité, font ressources pour agir en sécurité.
Cette étude est menée en parallèle sur deux terrains de recherche : un terrain médical où nous étudions une formation « à la communication avec les parents d’enfants malades » et un terrain industriel dans la distribution d’électricité où nous étudions l’activité des chargés de travaux (chef de chantier) et la mise en place d’espaces de débat sur le travail.
Dans chacun de ces terrains, nous essayons de comprendre les dimensions sensibles de l’activité qui entrent en jeu dans ces métiers, en quoi elles sont des ressources pour agir et comment elles se développent. Enfin, nous testons, dans notre terrain industriel, la mise en place d’un dispositif, inspiré des espaces de débat sur le travail, qui mobilise les dimensions sensibles de l’activité.
La mise en perspective de ces travaux vise l’identification des fonctions des dimensions sensibles de l’activité et de proposer des modalités de développement de ces dimensions sensibles pour développer le pouvoir d’agir en sécurité.

Marion Gras Gentiletti (theses.fr)

Titre provisoire de la thèse : “ Concevoir des services à base d’Intelligence Artificielle pour un pouvoir d’agir augmenté”

Depuis 2017
Directrice : Françoise Decortis
Co-directeur : Gaëtan Bourmaud

Mon travail de thèse de doctorat en ergonomie vise à accompagner la conception de services à base d’IA, notamment en identifiant ce qu’est un service IA contextuellement pertinent, c’est-à-dire réellement adapté aux situations de vie, et ce depuis le point de vue des sujets. Cette thèse CIFRE est co-encadrée par le laboratoire Paragraphe de l’Université Paris 8 (Françoise Decortis et Gaëtan Bourmaud) et l’entreprise EDF R&D (Myriam Fréjus).

Une perspective de conception d’instruments favorisant le développement des sujets
La démarche générale de mon travail de thèse s’inscrit dans une approche ergonomique articulée autour de deux orientations : comprendre et concevoir. La première orientation vise à produire des connaissances à partir d’une compréhension et d’une description fine de l’activité humaine. La seconde vise à se saisir des compréhensions de l’activité humaine pour contribuer à la transformation des conditions de réalisation de l’activité, notamment à travers la formulation de recommandations pour la conception dans une logique d’aide, en gardant à l’esprit que la conception d’un artefact se poursuit dans l’usage par les personnes via des processus de genèses instrumentales.

Ma problématique de thèse consiste à mettre en évidence, d’une part, les médiations (sujet-monde, sujet-sujet, sujet-autres sujets) qu’il serait pertinent de soutenir par des dispositifs techniques à base d’IA et d’autre part, d’identifier les conditions d’appropriation individuelle et collective de tels dispositifs afin de déterminer en quoi ils peuvent constituer des aides ou des empêchements à l’activité. La question sous-jacente que je me pose est de comprendre quelles sont les caractéristiques que doivent comporter les dispositifs « intelligents » pour soutenir le pouvoir d’agir des sujets.

Mon travail de recherche se caractérise notamment par son intérêt pour le rapport générique entre l’humain et la machine à base d’IA, et ce à travers plusieurs domaines d’application, proposant ainsi une lecture à la fois spécifique de l’activité médiatisée par l’IA (à chaque situation) et à la fois transverse aux situations de vie à l’instar d’autres travaux récents proposant une lecture générique du rapport humain-IA (Amershi et al., 2014, 2019). Cette diversité de situations et de terrains s’inscrit par ailleurs dans un modèle de l’activité tenant compte de l’ « unité de la vie » (Decortis et al., 2016). Deux types de situations ont été sélectionnées, l’une ayant trait aux situations professionnelles vécues par les métiers de l’entreprise, l’autre concernant les situations de vie quotidienne vécues par les clients et clientes de l’entreprise.

  • Le premier type de situation concerne les situations de travail instrumentées par des chatbots en entreprise.
  • Le second type de situation concerne les situations de vie domestique instrumentables par des dispositifs à base d’IA.

Ces deux études visent à identifier les principes et repères de conception conduisant au développement de machines « intelligentes » fonctionnellement pertinentes, c’est-à-dire répondant aux besoins et aux critères des individus et des collectifs au cours de leurs activités, tout en favorisant sur le long terme le développement de leur pouvoir d’agir. Ce travail s’adresse à l’entreprise EDF qui, en pleine transition numérique, peine à intégrer le facteur humain dans ses projets de conception. L’étude se destine plus largement à accompagner les projets industriels de conception de dispositifs à base d’IA.